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Régis Messac, Brève histoire des hommes, Paris, éditions Ex Nihilo, 2009, 206 pages, 15 €.

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Un compte rendu de Jean-Guillaume Lanuque

Avec son étude sur Les premières utopies1, nous avions eu l’occasion de mettre en valeur le travail d’analyste de Régis Messac, souvent plus connu pour son pamphlet A bas le latin ! ou pour ses romans de science-fiction, Quinzinzinzili et La cité des asphyxiés. Ce nouveau livre édité par la Société des amis de Régis Messac reprend un travail réalisé par l’auteur pour la revue Nouvel âge, d’Henry Poulaille, et paru début 1939. Écrit dans un style fluide et vulgarisateur, il s’agit d’un tableau de l’histoire mondiale basé sur une optique matérialiste, de l’origine de la Terre à l’âge industriel, insistant sur l’évolution de la pensée.

Influencé par l’école des Annales (il se désintéresse presque totalement de la geste des souverains), mais également par les analyses de la dialectique nomades – sédentaires d’un Ibn Khaldoun, Régis Messac livre un certain nombre de réflexions fines sur les premiers langages humains, l’origine de la Renaissance italienne arabe plutôt que romaine ou les cruautés coloniales sensibles dès les Grandes découvertes ; au point de surprendre parfois, par exemple lorsqu’il relativise l’ampleur réelle des victoires grecques durant les guerres médiques, au risque de verser dans le discutable (la soi disant folie d’Alexandre le Grand ou une certaine sous-estimation de l’importance de la Révolution française). Son esprit ironique, voire cynique, transparaît même à certains moments2, tout comme son rejet du patriotisme – spécialement à l’école – ou sa critique de la démocratie bourgeoise (« Il n’y a nulle part de véritable démocratie », p. 181). On retiendra en particulier son insistance sur le mélange fécond des cultures comme moteur de l’évolution3, et sa critique de prolétaires occidentaux solidaires de leurs bourgeoisies dans l’exploitation coloniale qui s’apparente à une prémisse du tiers-mondisme.

Bien sûr, cet exposé présente des aspects inévitablement datés et dépassés : il en est ainsi des origines de l’homme (l’homme de Piltdown étant ici considéré comme authentique) ; de l’Égypte comme berceau de la civilisation et plus généralement de l’idée d’un foyer central à partir duquel la culture se serait propagé, alors que les recherches actuelles évoquent plutôt un polycentrisme. On retrouve en tout cas sous sa plume des considérations caractéristiques de cet esprit libre, humaniste et laïc. Non content de considérer l’apport des Hébreux comme limité, il insiste sur le caractère totalement légendaire des fondateurs des grandes religions et reconsidère à la baisse l’attachement des populations européennes médiévales au christianisme. Il effectue d’ailleurs un parallèle original entre le christianisme et le syndicalisme, tous deux à l’origine instruments d’émancipation devenus instruments d’asservissement…

Terminant son analyse par des considérations sur l’avenir, l’auteur fait preuve d’une prescience étonnante quant à la montée en puissance de la Chine, quand bien même il reprend en partie les peurs d’un « péril jaune ». Sa crainte de l’augmentation de la population du globe évoque par contre Malthus, tant selon lui le nombre de 3 ou 4 milliards de Terriens en l’an 2000 s’apparenterait à une catastrophe pouvant conduire à l’anthropophagie ! L’antithèse de la pensée d’un Élisée Reclus, donc. Ces limites ne remettent toutefois aucunement en cause la valeur de cette synthèse qui demeure stimulante. Un dernier mot sur la couverture choisie, déconcertante en cela qu’elle utilise une photographie du Parlement européen, alors qu’il n’en est évidemment nullement question sous la plume de Régis Messac…

2 Cet extrait page 29 au sujet des premiers humains : « Un très grand nombre d’enfants mouraient en bas âge, mais cela valait autant que de traîner des années une vie misérable, pour finir à l’hôpital ou sur les champs de bataille ».

3 « La culture, loin d’être liée au sort de telle ou telle « race », se développe toujours avec le maximum d’intensité dans les lieux où viennent se mélanger, se heurter, s’affronter et se confronter les types humains les plus divers. La culture la plus riche (…) est toujours celle qui emprunte le plus. » (p. 162)

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guzzettg
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Régis Messac, Propos d’un utopien, tome 1, Paris, éditions Ex Nihilo, collection « Hier et demain », 2015, 118 pages, 12 €.

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Un compte rendu de Jean-Guillaume Lanuque

Régis Messac est un des grands noms de la première science-fiction française, dite « merveilleux scientifique », auteur de deux romans importants dans les années 1930, Quinzinzinzili et La Cité des asphyxiés. Mais il fut aussi un penseur prolixe, réfléchissant à l’enseignement (A bas le latin !) ou à l’évolution du monde (Brève histoire des hommes, que nous avions chroniqué sur notre ancien site et que nous rééditons en complément de cette recension). C’est cette richesse écrite que les éditions Ex Nihilo s’efforcent depuis plusieurs années de ramener à la surface. Propos d’un utopien, dont ce n’est là que le premier tome d’une série à venir, compile des articles écrits dans le cadre de cette chronique éponyme, qu’il tint dans la revue Les Primaires de 1930 à 1939, signant une soixantaine de textes. Natacha Vas-Deyres, une des grandes spécialistes actuelles de la science-fiction française, en a rédigé la préface, dans laquelle elle trace un parallèle fructueux entre Régis Messac et Ernst Bloch, quant à leur valorisation de l’utopie1.

Neuf de ces chroniques ont été sélectionnées pour ce premier tome, dédié à René Lefeuvre, fondateur des éditions Spartacus, toutes publiées entre 1932 et 1937. Ces textes sont à chaque fois des petites œuvres d’anticipation, fortement satiriques et maniant à plaisir l’ironie. Dans « Fragments du journal d’Acapsu, technicien de l’an 3440 », Régis Messac s’inscrit dans une tradition de longue durée, celle du regard déformé de l’avenir sur le passé, représentée par des auteurs comme Émile Souvestre ou Albert Robida. Il y adresse une ruade à l’histoire traditionnelle, puisque dans l’avenir, c’est la sociologie qui l’a absorbé ; on a là le reflet de problématiques toutes contemporaines, éléments du contexte d’émergence de l’école des Annales. Dans ce texte d’un savant du futur, qui se penche sur le XXe siècle, véritable Moyen Âge, l’accent est mis sur l’illusion du passé à voir dans les gouvernants des forces motrices, là où ce sont les courants profonds qui sont en réalité déterminants (une influence du marxisme vivant chez Régis Messac). On appréciera également la tentative d’élucidation étymologique de Tardieu, « puissance vantarde » (sic, p. 29). « Couronnes de perles et croix de bois » est encore plus savoureux, car c’est un préhistorien de l’avenir qui se penche sur les nécropoles de 1914-1918, en une étude comparative avec les tombes civiles2. Ancien combattant du premier conflit mondial, Régis Messac déploie ici un pessimisme satirique, concluant cette pseudo-étude par la constatation d’un écrasement du peuple le plus civilisé par les barbares, en l’occurrence les soldats dont il fut…

« Comment fut déclarée la guerre de 1934 », repris par la suite dans le roman Quinzinzinzili, imagine le déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale, axée sur le front Pacifique ; Régis Messac y décrit, avec faux communiqués à l’appui, le soutien belliciste de toutes les forces politiques, socialistes et communistes compris, ainsi que l’exécution pure et simple des objecteurs de conscience, les gouvernements préférant la guerre à la révolution. « Voyage en uchronie » est un des textes les plus intéressants, car imaginant une vague révolutionnaire victorieuse, il décrit en France la reproduction des événements russes de 1917 – mutineries, désertions, renversement du pouvoir, mise en place d’un gouvernement provisoire, signature d’une paix désavantageuse avec l’Allemagne – dans laquelle il voit la condition de la constitution d’une fédération européenne, gage de paix. Rares sont en effet les uchronies de ce type, y compris de nos jours3. Dans « Stakhanova Nova, parabole du nouvel évangile orthodoxe », Régis Messac tourne en dérision l’URSS stalinienne, son culte de la personnalité, son productivisme outrancier, sa peine de mort à partir de 12 ans (on y devient adulte plus tôt !), allant jusqu’à mettre en scène la transformation de travailleurs, amputés de leurs mains au profit d’appendices mécaniques, dans le seul but d’être plus efficients. Toujours à propos des communistes, « Les évêques partout », dans la grande tradition de l’anticléricalisme, dénonce le rapprochement entre le Parti communiste français et les catholiques (la fameuse « main tendue », discours de Maurice Thorez le 17 avril 1936), en poussant celui-ci à ses limites les plus extrêmes – la conversion des dirigeants du PCF en clercs – une façon à ses yeux de mettre dos à dos deux dogmatismes.

« De plus loin que Sirius » est un texte idéal pour cerner une partie de la philosophie de Régis Messac : avec ce personnage de scientifique observant l’infiniment petit, il insiste sur le relativisme des choses, et sur le caractère dérisoire des agissements humains, déclinant cynisme et pessimisme. « Les quatorze points du président Herrenberg » en constitue un pendant plus positif, une sorte de programme pacifiste, ayant parfaitement conscience de son caractère minoritaire, mais qui n’en appelle pas moins à la fin des armées et du capitalisme, à l’accueil libre des étrangers et à la construction d’une société plus rationnelle. Propos d’un utopien fait ainsi figure de profession de foi pour Régis Messac, et avec quelle verve !

1On notera seulement une petite erreur dans l’interprétation de Nous Autres de Zamiatine (p. 10), qui ne peut aucunement constituer une critique de Staline, puisqu’il fut écrit à un moment où celui-ci n’était qu’un dirigeant de second ordre. Voir http://dissidences.hypotheses.org/4721

2Extraits : « On a trouvé aussi quelques vestiges des Croixdeboisiens dans les Balkans, et il semble y avoir là un indice d’une migration sur laquelle nous sommes mal renseignés. C’est une grave question, que l’avenir seul décidera, de savoir si les Croixdeboisiens des Balkans étaient les ancêtres de ceux de Champagne ou leurs descendants. Qu’il’ aient appartenu à la même race ne fait aucun doute. » (p. 32) ; « Quel pouvait être le but de pareilles pratiques ? [les combats de tranchées] Il n’existe guère qu’une seule réponse logique et vraisemblable : les primitifs de cette époque étaient anthropophages. » (p. 33).

3Sur ce thème, je me permets de renvoyer le lecteur à mon article « La Grande Pâleur à l’est : les uchronies autour des révolutions russes de 1917 (de 1945 à aujourd’hui) », à paraître prochainement.

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guzzettg
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This New Data Set Is Poised to Revolutionize Climate Adaptation

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A young boy tries to help his donkey to go up the sandy bank after fetching water at Shebele River to f in Gode Town in Somali region of Ethiopia 11 February 2014. Photo by Flickr user UNICEF Ethiopia. CC-BY-NC-SA 2.0

A young boy tries to help his donkey to go up the sandy bank after fetching water at Shebele River in Gode Town in Somali region of Ethiopia. February 11, 2014. Photo by Flickr user UNICEF Ethiopia. CC-BY-NC-SA 2.0

This post by Eric Holthaus was originally published on Ensia.com, a magazine that highlights international environmental solutions in action, and is republished here as part of a content-sharing agreement.

People in developed countries rarely think of weather in life-or-death terms. But millions in the developing world have no choice but to do so. The global rich have stable governments, savings accounts, insurance and more to fall back on when disaster strikes. People in poorer countries don’t, so they’re often faced with tough decisions in times of drought: Sell the only ox for food and plow by hand next year? Take the kids out of school and put them to work chopping firewood for extra cash? Abandon the farm and family to look for work in the city?

But now, a new rainfall data set is aiming to change all that.

The data set, called CHIRPS (short for “Climate Hazards Group InfraRed Precipitation With Station data”) blends data from weather stations and weather satellites with extraordinary accuracy, providing a detailed record of global rainfall stretching back more than 30 years. By making it possible to compare current rainfall patterns with historical averages at the neighborhood scale for virtually the entire world, CHIRPS provides an early warning system for drought, making it possible for development agencies, insurance companies and others to more effectively activate adaptive strategies such as food aid and insurance.

For instance, during El Niño, a periodic warming of the tropical Pacific Ocean that skews weather patterns worldwide and may be getting more intense due to climate warming, conditions can take a turn for the horrible, especially for far-flung rural agricultural communities that depend on steady rainfall to earn a living.

“Now, we can accurately identify how horrible things are” and target assistance accordingly, says Pete Peterson, who led the development of the new data set, which was released in February 2015 by the Climate Hazards Group at the University of California, Santa Barbara.

Merging Data

CHIRPS was conceived of by Chris Funk, one of Peterson’s colleagues. In the early 2000s Funk had been working in Ethiopia for the Famine Early Warning System Network, or FEWS NET, a project of the U.S. Agency for International Development, when researchers at the University of Reading in the U.K. devised a technique for merging satellite rainfall estimates over Africa with sparse rainfall observations from ground-based weather stations. Funk quickly recognized the value such an approach would have for improving FEWS NET’s ability to identify emerging famines early on so aid agencies can respond quickly. CHIRPS uses that approach, with significant upgrades, and extends it for the whole planet.

The Santa Barbara team developed the CHIRPS data set through painstaking collaboration with meteorologists from weather services around the world who provided old weather station data, sometimes from dusty paper records. After digitizing the local weather station data, team members used it to fine-tune estimates of rainfall around the world based on observations made from weather satellites. Then they combined the improved rainfall data with a detailed global map of how rainfall is known to vary by location and elevation at the local scale to make the estimates even more precise.

Nothing like CHIRPS has ever existed before. The new data set has about 100 times the detail as previous attempts to merge satellite and ground-level precipitation data and provides unprecedented coverage across years and continents.

Best of all, thanks to grant funding the data are freely available — a godsend to cash-starved aid agencies. For some remote places in Latin America and Southeast Asia, this is the first time a climate trend can be reliably tracked over time. The biggest revolution is in places like Central America and the Pacific. “Before CHIRPS, there really wasn’t any good monitoring there,” says Funk.

Drawing Attention to Drought

When we think of the front lines of climate change, we usually think of tragedies like what’s happening in Ethiopia this year: There’s been a terrible drought, and now food supplies are stretched thin.

Poor rains during Ethiopia’s main growing season are strongly linked to El Niño. During the last major Ethiopian drought disaster in 1984, on the heels of the powerful 1982–83 El Niño, hundreds of thousands of people died because the government exacerbated the famine in the midst of a civil war, and international aid became politicized.

Knowing how much it has rained seems basic to those of us in data-dense countries like the United States. But for places like Ethiopia, reliable weather station data is hard to come by. Just as parts of the developing world are leapfrogging fossil fuels and landline telephones for renewable energy and cellphones, monitoring rainfall from satellites skips the need to invest in and maintain thousands of remote rain gauges, and is helping relief agencies and governments track extreme weather events.

Thanks to CHIRPS and other technologies, we can now anticipate drought emergencies and watch them unfold almost unimaginably better than in 1984. Last July, the CHIRPS team noticed that their data set was showing an almost total lack of rain for parts of Ethiopia, in what would normally be the wettest time of the year. Funk contacted the Ethiopian meteorological service to independently verify what he initially suspected might be an error.

“This process is sort of new, and we want to make sure we’re not messing up,” Funk says. “So when we see these huge anomalies, we try to really follow up with that.” He was able to put the stark data from CHIRPS in context to produce a prediction of the drought’s impact on plants, which, when combined with field reports of dead livestock and failed crops indicated an unfolding disaster.

Of course, just knowing you’re in a drought isn’t enough to reduce its impact. But FEWS NET is using that information to draw attention to worsening conditions in the drought-affected area and to help identify exactly which villages have been impacted and how badly. By last May, seasonal weather forecasts began to suggest that the coming El Niño would be a strong one, potentially shifting Ethiopia’s midyear rains toward drought. By last October, after the main rainy season had concluded, it was clear from CHIRPS that the worst case had come to pass and Ethiopia would suffer greatly over the coming months. In January, UN Secretary-General Ban Ki-moon visited Ethiopia to draw attention to the crisis. Organizations like Oxfam began pouring resources into publicizing what was happening in Ethiopia and dozens of other countries around the world, due to El Niño-linked extreme weather.

Funk calls the early identification of the Ethiopia drought the team’s “biggest contribution” so far.

“There’s disaster response, and then there’s improved adaptation, and the latter is what we really want to see,” Funk says. “Sometimes we do our job well but the action doesn’t get there in time. […] This year, there are so many disasters competing. It’s a perfect storm.”

Informing Insurance

CHIRPS is playing a role in bringing insurance to climate-vulnerable regions for the first time, too. For about 10 years now, Ethiopia has been a test bed for a new type of agricultural insurance based on rainfall, called index insurance, that shows a potential to increase resilience to disasters. The basic idea is that subsistence farmers can purchase the right to financial compensation during low rainfall years through insurance programs sponsored by governments and climate-focused aid agencies. The catch is, up to now, finding reliable rainfall records to set the rates and determine payouts for remote villages has been a real problem. With the advent of CHIRPS, this type of insurance could become available faster to rural areas in need around the world.

Agrotosh Mookerjee, an actuary who consults for governments and humanitarian projects on weather-based insurance, is considering a switch to the CHIRPS data set to expand a project in Zambia that uses satellite-based rainfall measurements to set rates, determine payouts and insure 60,000 farming households. In Zambia, Mookerjee says, some farmers are hundreds of kilometers away from the nearest weather station. There are gaps in the data, and some old weather stations have stopped functioning. To further expand his project, Mookerjee needs reliable weather data for the rural communities, and is considering adopting CHIRPS in the coming season.

Insurance projects like these that serve food producers living on the edge have gotten the attention of the United Nations and other organizations seeking market-based approaches to climate change adaptation. The G7 group of nations, for example, recently launched an initiative to help bring more than 400 million people across the developing world under climate disaster–related insurance protection by 2020. A few insurance companies are viewing this sort of climate insurance as a major future profit center.

Leif Heimfarth is an underwriter for Hannover Re specializing in agricultural risk. As one of the world’s leading reinsurers — an insurance company for insurance companies — his company is very concerned about the world’s vulnerable rural economies, given trends toward increasing severity of weather disasters. Hannover Re expects to continue expanding its weather-related insurance portfolio, and Heimfarth sees satellite rainfall estimates like CHIRPS as a key technology to help them do that.

No Time to Lose

Ethiopia’s climate is shifting toward more frequent drought, and about 80 percent of Ethiopians make their living by farming, so what we’re seeing this year may be just a portent of troubles to come. And, of course, Ethiopia isn’t the only place currently in crisis. El Niño has plunged much of Central America, southern Africa and Southeast Asia into drought and brought floods to South America. As Syria enters a sixth year of brutal war, sparked in part by a drought made worse by climate change, aid agencies are overwhelmed with need. Wherever in the world such conditions crop up, CHIRPS is available to help overburdened aid agencies prioritize their attention at the local level.

Meanwhile, back in Santa Barbara, Funk and colleagues are already working on their next project: A CHIRPS data set for global temperature. Extreme heat can stress livestock and crops in developing countries, just as a lack of rainfall does — and there are currently even fewer reliable sources of temperature data than rainfall data.

And there’s no time to lose. With the added urgency of El Niño, the Santa Barbara team is racing to create something of value for the most vulnerable people on the planet.

Eric Holthaus is a meteorologist who writes about weather and climate. His articles have appeared in Slate, Vice, Quartz, the Wall Street Journal, FiveThirtyEight and Rolling Stone. He lives in Tucson, Arizona. He tweets from @EricHolthaus.

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guzzettg
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Carbonara Purists Can’t Stop the Pasta Revolution

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Last week, a French food Web site, having sold a piece of its soul to the Italian pasta manufacturer Barilla, put out a jaunty little video showing the creation of a French-style carbonara. It was made with bowtie noodles (technically, farfalle; your mother called them bowtie noodles), chopped onion, and cubed bacon, all dropped together into a pan and simmered with a small amount of water for a short time over low heat. An unseen hand then adds some crème fraîche and some unspecified cheese and pepper, then mixes it all together, garnishes it with a raw egg yolk and sprigs of parsley, and there you have—or, rather, don’t have—a pasta carbonara. Italian hands were wrung, someone in Italy complained to someone in the E.U. or the like, and the food blog actually deleted the video. But the damage was done; a French insult had been perpetrated on an Italian dish.

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When the Maysles Brothers Filmed the Beatles

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The birthplace of the modern American documentary is Wisconsin, where Robert Drew brought a crew in early 1960 to film the campaigns of John F. Kennedy and Hubert Humphrey in that state’s Democratic Presidential primary. Albert Maysles was the cinematographer of its most iconic sequence, a long hand-held tracking shot following Kennedy from backstage to a lectern. There, Maysles caught Kennedy in the magic moment—the transformation from private to public, from casual manner to stage manner. Yet Drew’s fundamental insight is the unified field of cinematic activity—in a word, the filmmakers are present and are an inextricable part of the proceedings that they film. Everything that takes place in front of the camera—and, for that matter, behind it—is a performance, even the ordinary activities of ordinary people.

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guzzettg
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The Panama Papers Reveal the Sad State of U.S. Corporate Data Transparency Laws

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Given the massive scale of the Panama Papers whistleblower leak—terabytes of files documenting the business dealings of more than 200,000 offshore shell companies—many observers have been surprised to see that only 211 people with U.S. addresses have surfaced in the data. But while journalists working on the investigation have hinted that more Americans eventually will be implicated in tax evasion, sanctions violations, money laundering, and other financial crimes or sleight of hand, this low number actually should come as no surprise. Americans have little reason to hide money in offshore shell corporations when it is exceedingly easy to do so right here in the United States. In fact, the only place it can be easier to establish a functionally anonymous shell corporation is Kenya. The Panama Papers should serve as a wakeup call for lawmakers who have failed to implement simple disclosure rules that would dramatically increase financial transparency and accountability by applying the same open data principles that Congress has already recognized are necessary for the government.

Continue reading this article in The Hill.

Image: Süddeutsche Zeitung

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guzzettg
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